Imagine... tu sors de l'aéroport, et l'air de Tbilissi t'enveloppe. Ce n'est pas juste de l'air frais, c'est un mélange subtil de poussière chaude, de lointaines effluves de pain fraîchement cuit et d'une touche d'humidité de la rivière. Tu entends un brouhaha lointain qui monte des rues, un mélange de klaxons doux, de conversations animées et parfois le chant d'une église. Tes pieds foulent un sol qui a vu des siècles d'histoires, une sensation de profondeur sous tes pas. C'est une ville qui te salue, pas avec un grand geste, mais avec une étreinte douce et persistante qui te dit : "Tu es ici, sens-le."
Tu te laisses guider par les ruelles pavées de la vieille ville. Chaque coin est une nouvelle découverte pour tes sens. Tu peux presque toucher l'histoire sur les murs usés des bâtiments anciens, la pierre froide sous tes doigts, patinée par le temps. Une odeur épicée, riche et complexe, te chatouille les narines, venant d'un petit restaurant où mijote un kharcho. Puis, c'est le parfum sucré du churchkhela qui sèche au soleil, mêlé à l'arôme terreux du vin qui s'échappe d'une cave. Tu entends le cliquetis des verres, des éclats de rire qui résonnent et le son lointain d'une musique folklorique, comme si la ville elle-même chantait. Laisse tes mains glisser sur les balcons en bois sculpté, sens la chaleur du soleil sur ta peau, et écoute le rythme lent de la vie qui se déroule autour de toi.
Si tu lèves la tête, tu verras l'Église de Metekhi, perchée fièrement sur sa falaise. Ce n'est pas juste une vieille pierre, c'est le cœur battant de Tbilissi, un témoin silencieux. Mon grand-père, il disait toujours que quand les envahisseurs arrivaient, peu importe qui, ils essayaient de la détruire, de la raser. Mais elle, elle se relevait toujours. Il racontait comment, même quand tout était en ruines autour, les gens regardaient cette église et savaient que leur esprit, leur culture, ne mourraient jamais. C'est comme une vieille amie qui a tout vu et qui te chuchote : "On a tenu bon, et on tiendra encore." Elle est là, solide, comme la foi de tout un peuple.
Et la nourriture... Ah, la nourriture ! Ferme les yeux un instant et imagine le croustillant doré du khachapuri adjaruli, le fromage chaud et fondant qui s'étire quand tu le déchires, le jaune d'œuf crémeux qui se mêle à tout ça. Tu sens la chaleur réconfortante de l'odeur des herbes fraîches et de la pâte levée. Chaque bouchée est une explosion de saveurs, un mélange de salé, d'acide et d'une pointe d'épice qui réveille tes papilles. Pour être pratique, cherche les petits restaurants locaux, souvent un peu cachés, où les familles mangent. Ne t'inquiète pas du menu, pointe ce que tu vois sur les tables voisines ou demande "khinkali" et "khachapuri" – tu ne peux pas te tromper. Le vin géorgien est aussi un must, même le vin de table est souvent excellent. N'hésite pas à partager les plats, c'est la coutume et ça te permet de goûter à plus de choses.
Pour te déplacer, les taxis sont partout et pas chers, mais utilise des applis comme Bolt pour éviter les surprises sur les prix. Le métro est super efficace pour les longues distances, et les stations sont souvent de petites œuvres d'art souterraines. La monnaie, c'est le lari géorgien (GEL), et tu trouveras des distributeurs partout. Pas besoin de changer beaucoup de devises à l'aéroport, les taux sont meilleurs en ville. Tbilissi est une ville très sûre, même la nuit, mais comme partout, reste vigilant. La meilleure période pour visiter, c'est le printemps (avril-mai) ou l'automne (septembre-octobre). Il fait beau, pas trop chaud, et les couleurs sont magnifiques. Prévois des chaussures confortables, ça monte et ça descend pas mal !
Tbilissi n'est pas une ville que tu visites, c'est une ville que tu respires, que tu sens sous tes pieds, que tu entends dans ses conversations. Laisse-toi aller, perds-toi un peu. C'est là que la magie opère. N'aie pas peur de demander ton chemin, les Géorgiens sont incroyablement accueillants. Tu repartiras avec une partie d'elle en toi, c'est certain.
Clara des ruelles